Peut-on refaire du béton avec du béton ? Focus sur les granulats recyclés

Chaque année, en France, environ 310 millions de tonnes de déchets sont produites, tous secteurs confondus (ménages, entreprises, construction).

Et comme vous le savez certainement, les déchets de la construction représentent environ 70% de ces déchets, soit environ 213 millions de tonnes.

En un coup d’œil, ça donne le schéma ci-contre :

Quid du béton ?

Lors d’une déconstruction,  les déchets inertes et non-dangereux (dont le béton en grande partie), représentent environ 94% des déchets produits durant les travaux. Un poids énorme en somme. Et bien qu’elle approche les 76%, la valorisation du béton reste aujourd’hui variable.

Les déchets inertes et non dangereux, sont, au choix :

  • Stockés
  • Transformés en granulats recyclés et utilisés en sous couche routière (33%)
  • Utilisés en remblaiement de carrière (38%) – on parle alors de valorisation matière et non de recyclage (sous certaines conditions)
  • Réutilisés / réemployés sur un chantier (5%) (pavés, bordures, dalles…)

Pourtant, il existe aujourd’hui des solutions opérationnelles pour valoriser de manière qualitative les bétons issus de la déconstruction ! On peut même reconstruire avec des bétons issus de déconstruction, soit boucler la boucle. Le tout à condition de respecter plusieurs paramètres. On vous explique ! 👇

Les avantages du béton recyclé en granulats :

  • Produit 100% issu de l’économie circulaire
  • Diminution de la consommation des ressources naturelles
  • Valorisation des déchets et limitation de sa mise en décharge
  • Transformation d’un déchet en un produit de qualité
  • Matériau de proximité = moins de transport
  • Traçabilité totale du produit fini grâce à la maîtrise des flux et à la sélection des matériaux entrants
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Des normes, des normes et toujours des normes.

Il y a plusieurs types de granulats de béton recyclé et ces types sont définis en fonction de leur destination finale, de leur usage : granulats pour mortiers, enrochement, ballast, enduits superficiels, béton…

Dans cet article, on va s’intéresser uniquement aux granulats pour béton de construction. Des granulats qui sont donc soumis à la norme NF EN 12620. Une norme européenne qui définit les exigences applicables aux granulats destinés à la fabrication du béton. Elle encadre les caractéristiques géométriques (granulométrie…), physique (résistance..), chimiques (chlorures, sulfates…), le process de production… Ce référentiel permet aux producteurs de déclarer les performances de leurs granulats et d’apposer le marquage CE sur leurs produits. Pour rappel : le marquage CE est obligatoire depuis le 1er juin 2004 pour la commercialisation de granulats.

Au sein de ce marquage CE, il y’a encore deux niveaux d’attestation : le système 4 ou le système 2+.

  • Niveau 4 (CE4) : le producteur assume seul l’évaluation et le contrôle nécessaire au marquage CE, sans faire intervenir de tierce partie. Il s’agit donc d’une auto déclaration.
  • Niveau 2+ (CE2+) : le producteur reste responsable des performances et des contrôles, mais son système de maitrise de production des granulats est évalué et surveillé par un organisme notifié lors d’audits périodiques, sans néanmoins que l’organisme notifié réalise des essais pour attester des performances déclarées par le producteur.

Le système applicable est choisi en fonction de l’usage prévu. Certains usages relevant d’exigences de sécurité plus importantes conduisent au système 2+, tandis que d’autres sans exigences de sécurité rigoureuses peuvent relever du système 4. Pour intégrer des granulats recyclés dans du béton structurel,  il faut donc viser un marquage CE2+ et donc faire appel à un organisme notifié  pour certifier le système de maîtrise de la production.

Mais ça n’est pas tout ! Il y a aussi la norme NF P 18-545

En plus de la norme NF EN 12620, il faut également se pencher sur la norme NF P 18-545. C’est la norme française de référence qui précise les exigences applicables aux granulats. Elle permet de les caractériser, d’évaluer leur conformité, de les codifier en fonction de leurs caractéristique (et donc de savoir dans quelle catégorie ils se placent) pour en définir les usages (béton, chaussées, enrobés…)

Mais ça n’est pas tout ! Il y aussi la norme NF EN 206/CN

Enfin, pour pouvoir réintégrer ces granulats dans des bétons structurels, il faut également respecter les exigences de la norme NF EN 206/CN. La norme NF EN  206/CN c’est la norme de référence qui encadre la formulation et la fabrication des bétons de structure (composition, performances…). Cette norme prévoit des conditions d’utilisation des granulats recyclés, notamment des seuils de substitution pour la fabrication des bétons, selon les caractéristiques des granulats.

Donc NF EN 12620 + NF P 18-545 + NF EN  206/CN = granulats recyclés pour béton de construction ? 

Oui ! À condition que les granulats aient été caractérisés de type 1 ou 2 via la norme NF 206/CN. Et cette caractérisation elle dépend notamment du process de production des granulats et de l’état initial du béton qui a été transformé en granulats.

  • Type 1 : le granulat contient principalement du béton, du mortier et des matériaux minéraux non liés ou traités.
  • Type 2 : composition plus diversifiés que le type 1 sous réserve des exigences applicables.
  • Type 3 : peut contenir d’avantage de briques ou de tuiles. Ce type n’est pas autorisé pour les bétons de structure. 

C’est ça qu’on appelle du « béton bas carbone » ?  

Non !

Le béton bas carbone c’est du béton dont les émissions de gaz à effet de serre ont été réduites pour sa fabrication. Pour ce faire, on peut, par exemple, diminuer l’empreinte carbone du ciment en privilégiant des liants à faible teneur en clinker ou en optimisant la formulation dudit béton afin de limiter la quantité de ciment nécessaire. Il peut donc être fabriqué à partir de granulats naturels, extraits de manière classique.

Le béton qui incorpore des granulats recyclés lui a permis, lors de sa formulation, de réduire l’extraction de granulats naturels et de valoriser les déchets du BTP. C’est donc encore autre chose. Un béton qui intègre des granulats recyclés n’est pas forcément bas carbone car le ciment reste un contributeur majeur à son empreinte.

Pour chaque solution choisie, il conviendra finalement de mesurer le gain environnemental réel, notamment via une analyse du cycle de vie (formule, provenance, méthodes…). Enfin, c’est généralement le coût qui viendra faire pencher la balance. Et contrairement aux idées reçues : un béton contenant des granulats recyclés est souvent moins cher qu’un béton bas carbone.

Mais c’est quoi l’intérêt du label GRBS ? 

Développé par Agyre, en partenariat avec le CERIB (on vous raconte tout ici), le label GRBS ne vient pas se substituer à tout ce qui vient d’être énuméré. Ce que le label GRBS offre c’est un accompagnement sur la durée, permettant de garantir non seulement la qualité des matériaux en sortie mais aussi une bonne gestion de la plateforme ainsi que son épanouissement. Ce que propose concrètement le label c’est : 

  • Un accompagnement technique
  • Une structuration du contrôle de qualité
  • Une reconnaissance auprès des clients
  • Une promotion des matériaux dans le cadre des AMO d’Agyre
  • Un suivi drivé par l’amélioration continue

La différence entre le label GRBS et le marquage CE2+, et donc la base de la norme NF EN 12620 c’est :

La différence entre le label GRBS et le marquage CE2+

marquage CE2+ vs label GRBS

Des questions ? On vous répond !

Le label GRBS ? C’est par ici 👇